lundi 10 décembre 2018


Un pied dans la vie,
je ne bouge pas,
je ne compte plus mes pas.

A celui qui a soif
on donne à boire.
J'ai soif de nuages
je bois de l'aurore.

A longs traits,
je ne vois plus le désert
sa poussière,
ni la jungle où l'on
se pousse du coude.

je n'ai plus envie de rien
et j'ai envie de vie,

un pied hors de la tombe,
un pied loin des morts
qui vivent sans avoir soif.




dimanche 9 décembre 2018


Quitte le déluge,
quitte le déluge d'images
de messages,
quitte le déluge, les bandelettes
de mots qui t'enserrent,
les gaz qui pénètrent
tes cellules et la peur
qui s'installe mauvaise herbe,
quitte le flot qui monte,
le flot d'eaux sales,
quitte le déluge mental.
Cela monte, cela monte,
cela t'envahit et te bouscule.

Rejoint l'arche d'un paysage
où se dépose le limon
des orages qui ravagent
les terres de la fertilité.

Monte à bord.
Laisse les vagues
se briser sur la coque.
Le ciel descend sur le pont
et prend le gouvernail.

et toi, regarde.



vendredi 7 décembre 2018


Portes de bois, de fer, de pierre,
portes à porter
quand elles ne s'ouvrent pas,
portes qui se referment
à mon nez,
portes intérieures
bien verrouillées,
je m'emporte
contre toutes ces portes.

Et pourtant il est possible d'entrer.
Si non, pourquoi
y aurait-il des portes ?

la porte est aussi invitation
à franchir un seuil.

Et pourtant certains
passent les portes
et les murs mystérieusement.
On dirait qu'ils ont franchi
une porte différente,
une porte mystérieuse,

une porte par laquelle
on ne repasse plus.





jeudi 6 décembre 2018

Ce que je ne trouve pas 
ou plus dans un regard,
je le trouve le soir
quand des arbres
s'offrent au ciel.

Même s'il n'y a pas 
d'étoile ou de soleil,
un oiseau  qui passe
signifie que je suis vivant.

Et les nuages m'étreignent
bien plus que des bras
qui n'ont pas pu
ou su le faire.

Alors je peux 
malgré la peine
offrir sur le chemin
une étoile, un soleil,
les ailes d'un oiseau
à ceux qui vont
le regard éteint.



mercredi 5 décembre 2018



Il y a un espace,
un entre deux,
une hésitation
une trace incertaine.

Il y a une musique
où l'on se retrouve,
un blottissement,
du sang avec
un sang plus large,
des larmes
qui deviennent une lame
pour couper le nœud.

Il y a le pays quitté,
celui entrevu
qui tarde comme
une lettre déchirée,
des mots jamais prononcés.




mardi 4 décembre 2018


 
 
Loin des mots vides,
des discours creux,
loin des cris, des vociférations,
loin des railleurs
qui déraillent,
loin des moqueurs
qui se privent eux-même
de cœur,
 
loin de moi-même
qui tourne en boucle
et se répète,
loin de ce que je sais
et qui est de l'écume,
quelques grains de sable,
quelques plumes,
 
loin de toi, loin des autres,
loin du soleil et même
de la pluie, et du gris
aussi beau que le bleu,
 
loin de tout soudainement
loin de quelque chose
et loin de rien
puisqu'il y a quelque chose
plutôt que rien,
 
loin du langage qui est comme
un bâton dans l'eau
qui fait des clapotis,
 
loin d'attendre et même
de ne rien attendre,
 
Loin je suis
et proche aussi.
 
 
 
 

lundi 3 décembre 2018

Je marche dans la lumière
blafarde du matin.
Et soudain les feuilles
sur le trottoir
trouvent leur place.

Elles sont exactement bien
là où elles sont.
Mon pas aussi.

Je suis bien où je suis.
Cela ne se déchire plus.

Je marche sous la pluie,
retourne une feuille
sur un mur, au hasard.

Des nervures apparaissent.
Parfaites.

Je marche entre terre et ciel.
C'est drôle d'habiter ici.

Et tout s'emplit d'une telle douceur
quand on n'en revient pas
d'être là.