jeudi 7 décembre 2017



Adagio from toccata in C major for Organ J S Bach, arr Siloti & Casals





mercredi 6 décembre 2017



La nuit tombant
les arbres des hauteurs
se rapprochent

  
Alain Kervern
Terres des commencements
La Part Commune, 2005








Le fruit d'une rose


mardi 5 décembre 2017

-La Lampe-
La lampe de mon bureau
veille plus qu'elle n'éclaire.
Elle est devenue lanterne
pour que l’œil ne se ferme pas.
La colline se hérisse d'épines.
Le ciel ne s'approchera pas.
Qu'est-ce être fidèle
à ce cri que l'on n'entend pas ?
Des paroles viennent.
On ne sait rien
de leur origine.
Une seule parole
parfois console
des heures où il n'y a rien.
C'est alors que revient ce cri
accompagné d'une femme
qui déchire le ciel.
Cette solitude peut être une danse,
la fête d'un cœur qui se libère
parce qu'il suit le chemin
qu'il a choisi.
Tout se rassemble
près de la lampe
où s'écoule l'or
d'une lumière plus intérieure.
Les heures, elles aussi,
sont un fleuve
où le regard se perd.
Le ciel est si gris
avec le soir
que les nuages ne passent plus
Cela n'a pas d'importance.
Je regarde la vie
comme cette table de chêne
qui vieillit doucement.
Je pose une main humaine sur elle
et je lui dis :"Tu es belle !"

Décembre 2016



lundi 4 décembre 2017

Si nous le prononçons pour lui-même, ce nom d' "arbre",
nous n'aurons qu'une envie, servir à nouveau
la syllabe ardente. Que les branches soient noires
ou rayonnantes, bruissantes, que ce soit orme ou saule,
l'écorce aussitôt se déchire, le tronc brûle et s'élève :
il dit l'entente, il dit l'appel qui vient du monde
autant que de la langue. Aucune voix ne tombera,
qu'il anime, qu'il oblige à la plus juste écoute,
le soir également, la terre est la terre promise.



Pierre Dhainaut
Entrées en échanges
Arfuyen


dimanche 3 décembre 2017


-Au bord du lac de Lausanne, un après-midi de février-
Ce n'est pas un rêve !



samedi 2 décembre 2017

-Perles-

Perles d'eau cristal
qui reflètent un coin de ciel,
perles au cœur,
soif qui déchire,
je m'y noie.

La feuille sœur
vous recueille
comme une main
qui saurait votre prix
et la douleur,

un peu d'eau
pour laver son visage
un vrai visage
qui vient des étoiles
et de plus loin encore.

Perles de grande valeur
qui connaissaient
le mépris et la nuit,
la semelle de cuir noir
qui toujours écrase
sans un regard,

je veux vous voir,
connais votre pouvoir,
étrange alchimie.
L'eau serait-elle
aussi une flamme
où l'on se baigne ?

Un long voyage vous attend
avant de retrouver le ciel
et toujours les perles reviennent
pour chuchoter :
"N'oublie pas !"

Je n'oublie pas.
Je ne peux oublier
la prairie luisante de rosée
où surgit toujours une vie nouvelle
et l'arbre qui se penche :
"Qu'attends-tu ?"