mardi 13 octobre 2026

 


Finalement ce qui se brise
c'est la dureté,
ce qui se fige
et ne veut plus bouger.

Que reste-t-il ?
C'est comme si l'on changeait de regard.
Qui voit à travers mes yeux ?

Je vois peu à peu
dans la dureté
grande misère
et grande peine.

Je vois mais cela ne vient plus de l'extérieur.
Comme il y a un langage
derrière le langage,
il y a une vision derrière la vision.

La vie n'est pas dure,
mais il est possible
de choisir la dureté
contre elle.



 




Le cygne noir

aquarelle






lundi 12 octobre 2026

 

Paysage d'hiver en Lorraine

aquarelle



 

Soirée silencieuse


-1-

Je laisse glisser la fatigue. Le silence vient, descend sur les épaules. Passage d'un chat blanc, ocre et noir...
Dans le lointain, les cloches sonnent l'angélus. Les oreilles chantent aussi. Les arbres se revêtent de la nuit qui tombe et oublient le soleil mourant. Je suis là sous une lampe, sur une colline où le silence s'épaissit, à chercher des mots sous le sable de la fatigue.. Je suis là, attentif à rien, attentif à être. Je ne suis plus sûr que je pense encore. Les pensées n'enroulent plus leur cordage autour de mon crâne. Cela se desserre en moi. Je m'éloigne de ce qui est vain. Je n'erre plus dans l'imaginaire de ce qui viendra. La nuit est montée comme un flot d'encre. Les dernières lueurs disparaissent. Le silence est maintenant devenu un manteau qui chante doucement. Je le revêts prêt à m'endormir avec.

-2-

A travers la vitre du jardin d'hiver, les arbres se balancent sous la pluie. Les nuages descendent tout doucement. La brume gomme les contours de la colline. La forêt émerge d'un rêve blanc. Il n'y a rien d'immobile. Même si je ne bouge pas, ma poitrine bouge, mes paupières se ferment et s'ouvrent sans cesse. Seul le silence ne varie pas. On reconnaît sa densité, son bruissement comme lorsqu'on s'arrête près d'un torrent et que le bruit de l'eau efface toute pensée. Le bruissement du silence est plus ténu, mais lorsqu'on prête attention, que reste-t-il d'autre ? C'est comme une note de musique en continu. J'hésite entre un la et un si. Mais là, en ce silence, une liberté naît, malgré la pluie, malgré le gris. Je pourrai rester là, avec lui, longtemps. Peut-être serait-ce bien de l'emmener avec moi en partant ?






dimanche 11 octobre 2026

 


Une peu de bois,
des flammes
et l'oiseau :

la porte s'ouvre,
pour toi, pour moi.

En deçà, 
au-delà,
je ne sais plus très bien où,
je suis libre.

Mes ailes sont un don.
Je les accueille.

Ma flamme s'allume
dans les regards
qui jamais ne ferment
la porte.

Je suis libre,
lié à un plus grand que moi
qui me délie
des illusions.

Viens avec moi
chanter avec la flamme,
danser avec l'oiseau.



 


Citrouille, Jardin Botanique de Nancy


Aquarelle




samedi 10 octobre 2026

 

Premières couleurs d'automne II

Forêt de Haye


Aquarelle et gouache