jeudi 16 avril 2026



 Comme il y a des volets
de couleurs différentes
à la façade de cet immeuble,

 à chaque fenêtre,
se tiennent peut-être
des gens avec
leur couleur à eux.

Chacun est là
avec son regard,
avec son univers,
et ses béances.

Comprendre cela
jusque dans sa chair,

pour voir plus loin
que les gestes,
les paroles,
les actes.




 

mercredi 15 avril 2026

 

Immobile
comme l'arbre
contente toi d'être

et sois
le bourgeon,
la fleur,
le fruit

et la feuille
qui en tombant
n'oublie pas
l'arbre 
d'où elle vient.




mardi 14 avril 2026

 



Même sous un soleil pâle

tout se déplie


La mort ne serait-elle pas un pli ?


Tout est plié,

c'est bien fini.


Les plis

sont des replis

et rien n'y vit.


Tu sens qu'en toi

le linceul rejoint

bien plié

son armoire 

et ses sachets

de lavande fraîche.


Cela se déplisse,

Cela s'étire.


Tes poumons

sont comme la forge

des feux à venir







lundi 13 avril 2026

 


Deux tulipes s'aimaient
d'amour tendre.
Elles ne pouvaient se séparer.

Comme elles, peut-être,
la vie est dans
le cœur de l'homme.

Pourquoi alors
 choisir la mort ?

Poser sa joue
contre celle de la vie.

Rester ainsi
pétale contre pétale
joue contre joue

Pour celui qui 
se tient ainsi
tout contre elle

il passe libre
en ce monde
de prisons.










dimanche 12 avril 2026



On rêve toujours
devant les nuages,
que l'on soit enfant,
que l'on soit adulte.

Le ciel est un écran.
Peuvent défiler des monstres
ou des interrogations.

C'est si vaste à l'extérieur
que l'on se dit
qu'il y a un problème
d'étroitesse à l'intérieur.

On se demande d'où cela vient.
Une illusion ? Des limites imaginaires ?

C'est peut-être
que l'on se croit tout fait
alors que tout reste à faire.





 

samedi 11 avril 2026

 

Un baiser a suffi.

Le vieux soufi
sur son banc
le sait bien.

Ce désir
restera un désir
que rien ne peut combler,

mais un baiser a suffi.

Et déjà tu sais
à qui tu appartiens

Et de baiser en baiser
qu'est-ce qui maintenant
pourrait te retenir ?

Quand tous les noms
que l'homme emploie
ont disparu,

il reste le baiser initial
qui t'appelle à partir.

Tu partiras
avec la flamme.




vendredi 10 avril 2026

 C'est un camélia

au coin d'un jardin.


Immense.


Les branches dépassaient

le grillage

et penchaient vers la rue.


Des fleurs s'offraient.

Tout simplement.


Quelques pétales par terre

étaient là pour signifier

leur disparition prochaine.


Mais là, en cet instant

elles resplendissaient,

un petit univers à elles

toutes seules.


Et leur forme splendide

ouvrait la porte

du Mystère.