samedi 24 janvier 2026

 



Prête-moi ta plume 
pour que je perde haleine.
J'écris en chantant.
Je chante mon cri.

Mieux vaut le chant
que la guerre,
le chant qui prend tout
et qui offre

Car il y a en moi
des écrits qui sont là
comme des flammes.
On ne sait d'où elles naissent.
Mais elles veulent danser
et veulent chanter
pour fuir la glace
qui cherche les cœurs
à emprisonner.

Prête-moi ta plume.
Je n'ai pas besoin d'encre.
Ma vie est du sang
Ma vie est fleuve
qui cherche son chemin
même sur le papier.



vendredi 23 janvier 2026

 

Laisser la rivière
emporter ce qui
doit être emporté.

Peut-être est-ce
la matière obscure
de ces moments
qui refusent
le jeu de la rivière ?

Le détachement n'est pas
l'indifférence.

Retrouver le désir
de se lier à ce qui
rend libre

Et se délier
de ses prisons
imaginaires.

Qui délie ?
N'est-ce pas plutôt
la rivière ?

Ouvrir la main.
Ouvrir l'être.



jeudi 22 janvier 2026

 



Comme si tout s'était arrêté,
plus rien ne bouge.
Ni les nuages, ni l'eau.

Le soleil est comme lointain. 
Il parle déjà d'un monde
qui n'est plus un obstacle
mais est irradié de mystère.

Le bruit des hommes 
est de la vapeur
comme leurs pensées.
Tout naît et puis
 tout disparaît.

Sans mémoire,
il n'y a plus de blessures,
il n'y a plus d'histoire.
Illusions.

Depuis le pont
dans le silence
un homme
 inspire, 
expire
inspire,
 expire...

C'est tout








mercredi 21 janvier 2026

 



Un peu d'or descend sur la terre
un peu d'une autre lumière,
l'inaltérée, la limpide,

pas la lumière illusoire
de croire avoir raison
alors qu'il ne s'agit
 surtout pas de cela

Non, la lumière qui embrasse
contient toutes
les pensées éphémères
les croyances qui s'effondreront,

alors tout comme le paysage est nu
et se laisse traverser par l'aurore
sans résister,

il sera possible de 
se laisser traverser
par cette lumière

et de tout contempler
à partir d'elle
et de voir, réellement voir
qu'un être humain
n'est pas différent
 d'un autre  être humain

et que tous
nous sommes en elle
immergés.







mardi 20 janvier 2026


Aucun chemin ne se perd.

Un chemin est un chemin.


Ce qui compte c'est le pas

même si le chemin

est sans fin.


Ne pas hésiter.

Un pas est un pas.


Continuer à marcher

même si c'est la nuit.

Même si on ne comprend pas

où mène le chemin.


Marcher main dans 

une main invisible.

Ne pas la quitter.


Elle est reliée

à un cœur

qui te veut du bien.



 

lundi 19 janvier 2026

 


C'est un liseré de lumière
à l'horizon,
une promesse peut-être.
Tu y arriveras,
tu vas y arriver.

Le soleil n'est pas
pleinement levé
Mais il affleure déjà

Rien n'arrivera
à le cacher.
Déjà
le ciel se teinte
d'or bleu.

Tu es pris
à l'instant même
tel que tu es
Rien à cacher
Rien à défendre

On peut te mépriser,
te rejeter..
Ton fondement
est en toi-même.









dimanche 18 janvier 2026

 


Un simple paysage,
peut-être
 le plus simple du monde,
une ligne d'horizon,
la courbure d'un champ
des forêts lointaines
des monts bleutés,

un simple paysage
pour s'y reposer
peut-être pour y pleurer
toute sa vanité
l'amertume
comme une eau
stagnante,

un simple paysage
comme un hamac
où l'on pourrait 
s'endormir
ou bien se blottir
sur les genoux
d'une mère
sans amertume,

un simple paysage
comme un baiser
qui dirait
tout est bien, 
tout est fini
tu peux laisser aller,

tout se répare
tout se ressoude
souterrainement

oh ce chant du paysage
est venu comme nait
et meurt un soupir.